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La Fauvette babillarde

Sylvia curruca

 

 

La Fauvette babillarde est un discret petit oiseau, beaucoup moins connu que sa cousine à tête noire. Particulièrement attirée par les buissons, elle n’est pas toujours facile à observer et se fait surtout repérer grâce à son chant.

  © T. Riabi

© T. Riabi / LPO-IDF

 

Ordre : Passeriformes
Famille : Sylviidés
Genre : Sylvia
Espèce : Sylvia curruca

Un petit oiseau discret

De couleurs ternes et de moeurs réservées, la Fauvette babillarde, n’est pas toujours aisée à observer. Elle mesure 11,5-13,5 cm, c’est-à-dire environ la taille d’une mésange bleue. Sa tête est grise avec généralement un bandeau et des joues d’un gris plus sombre. Le dos et la queue gris brunâtre contrastent avec la gorge blanche et le ventre d’un blanc sale. Il n’y a presque pas de dimorphisme sexuel, le mâle se distinguant avec des couleurs un peu plus vives. Les jeunes sont globalement plus bruns et ternes.

© fauvette babillarde

Fauvette babillarde, Sylvia curruca. © Dessin de Marie Gaupillat.

Dans nos régions, elle peut surtout être confondue avec la Fauvette grisette, légèrement plus grande, qui a les tertiaires nettement plus vives, d’un brun roux avec de larges centres sombres. La Fauvette babillarde présente un ensemble plus sombre, plus terne, bien que toujours très contrasté entre d’un côté la tête et le dos gris et brun et de l’autre la gorge et le ventre blanc et blanc sale.

Un petit oiseau des buissons

Cette fauvette des paysages semi-ouverts affectionne les milieux avec des arbustes. On la rencontre donc dans les haies denses, aux lisières de bois, les parcs, les jeunes plantations forestières ou les bosquets ruraux, même autour des maisons et en ville. Les terrains vagues, bruyères et landes lui conviennent également. L’une des particularités de cette fauvette réside dans le fait qu’elle change souvent de cantonnement d’une année sur l’autre. Elle se nourrit d’insectes et autres petits invertébrés et parfois de fruits et baies, surtout en fin d’été et en automne.

En dehors de la période de reproduction, elle est le plus souvent solitaire, parfois en couple. Dès l’arrivée sur site de nidification en avril, le mâle délimite le territoire en chantant, le plus souvent sur un perchoir et parfois en vol.

© Fauvette babillarde

Fauvette babillarde, Sylvia curruca © T. Riabi.

Son chant râpeux et court peut faire penser à une crécelle : http://www.lpo-idf. fr/Chant_Fauvettes_pouillots_roitelets

Le mâle et la femelle recueillent des toiles d’araignées, cocons, lichens et duvet de peuplier pour confectionner l’extérieur du nid. Ce nid, placé relativement bas, le plus souvent dans les buissons épineux ou dans les rameaux d’un petit conifère, accueillera 3 à 7 oeufs qui seront couvés par les deux parents pendant environ 11 jours. Les poussins quittent le nid 10 à 15 jours après l’éclosion mais continuent à être nourris par les parents avec des chenilles, petits insectes et araignées.

Après la première nichée de mai-juin, une deuxième couvée peut subvenir à l’été mais elles sont rares.

© Fauvette babillarde

Fauvette babillarde © Dessin de Léa Schlemmer.

Un grand voyage pour un si petit oiseau

La fauvette babillarde est une grande migratrice, qui traverse le Sahara deux fois par an. A part quelques rares sites d’hivernage au Sénégal et au Mali, la Fauvette babillarde hiverne principalement sur un arc qui comprend le nord du Nigéria, une partie du Tchad, du Soudan et de l’Égypte, le nord de l’Éthiopie, la péninsule arabique et l’Inde du Nord. Les oiseaux d’Europe de l’Ouest vont principalement en Afrique de l’Est.

Les premières fauvettes arrivent début avril en Europe, et repartent fin septembre pour les plus tardives.

© Fauvette babillarde

Fauvette babillarde, Sylvia curruca © D. Stefanescu.

Effectifs, tendances et statut

La Fauvette babillarde niche du nord-ouest de la France jusqu’en Mongolie en évitant le nord de la Fennoscandinavie. C’est la fauvette du genre Sylvia qui a la plus vaste aire de répartition. L’UICN lui attribue le statut « Least Concern » (préoccupation mineure), qui correspond aux espèces dont le risque de disparition est faible. La population européenne, estimée à 5 millions de couples, est considérée stable.

La population française est localisée principalement dans le quart nord-est du pays et dans les Alpes. Elle est estimée entre 20 000 et 32 000 couples (2009-2012) et montre de fortes variations interannuelles pouvant aller du simple au double. Elle est également classée « préoccupation mineure », les bastions de l’est du pays se portant bien et l’espèce étant assez généraliste tant par son habitat que sa nourriture.

L’Île-de-France est proche de sa limite sud-ouest de répartition. Elle y est nicheuse et migratrice plutôt rare, présente de façon dispersée dans tous les départements sauf Paris. Sa population nicheuse est à présent estimée entre 100 et 200 couples (2009-2014), avec des densités très faibles.

Pour la protéger, il est important de préserver les milieux ouverts arbustifs et de réduire l’usage de pesticides dans l’agriculture et les jardins publics et privés.

© Répartition

Carte de nidification de la Fauvette babillarde, Sylvia curruca en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014).
En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables et en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, des losanges lorsqu’il n’y a pas eu de dénombrement.

Le saviez-vous ?

La Fauvette babillarde était très rare en France jusqu’au XIXe siècle, puis a progressé vers l’ouest jusque dans les années 1990 avant de régresser progressivement. Elle a ainsi fini par déserter la Bretagne et se raréfie en Île-de-France. Ce phénomène de fluctuation est courant chez les oiseaux en limites d’aires de répartition, bien que l’explication ne soit pas encore précisément connue.

© Fauvette babillarde

Fauvette babillarde, Sylvia curruca © D. Omarov.

Bibliographie

Ouvrages

  • Paul Géroudet, Les passereaux d’Europe volume 2, Delachaux et Niestlé, 1974, pp. 289-284
  • Atlas des oiseaux d’Ile-de-France, 2009-2014, CORIF. Fauvette babillarde, Sylvia Curruca, Page 132. 203 pages
  • Le Maréchal P., Laloi D. et Lesaffre G. (2013). Les oiseaux d’Île-de-France. Nidification, migration, hivernage. CORIF-Delachaux et Niestlé, Paris. 512 pages.
  • N. Issa, Y. Muller (2015). Atlas des oiseaux de France métropolitaine. Nidification et présence hivernale (Fauvette babillarde, Sylvia curruca, page 1044). LPO / SEOF / MNHN. Delachaux et Niestlé, Paris, 1408 p.
  • L. Svensson, K. Mullarney, D. Zetterström (2015). Le guide ornitho, Delachault et Niestlé. 446 pages.

Sites internet

Article rédigé par Manuel Leick-Jonard