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Perruche à collier - J.-J. BOUJOT

Résultat d'une étude anglaise

Des prédateurs
pour la Perruche à collier ?

Une étude parue dans la revue scientifique anglaise "British Birds" rapporte des prédations de Perruche à collier par certains rapaces. Ces prédations auront-elles un effet sur le développement de la population de ces perruches de plus en plus présentes en Europe, en particulier dans ses grandes villes ?

La Perruche à collier Pisttacula krameri était déjà présente en Grande-Bretagne en 1855, mais c'est à partir de la fin des années 1960 que sa présence y est devenue particulièrement notable.

Invasive ?

En Île-de-France, c'est à peu près à la même époque que les premières observations ont été faites. La population s'est d'abord développée autour des aéroports d'Orly et de Roissy (d'où l'idée que c'est par là qu'elles sont arrivées chez nous...). Des colonies se sont développées d'autant plus facilement que les perruches trouvent dans nos régions la nourriture qu'elles apprécient (bourgeons, inflorescences, par exemple) et les sites de nidification appropriés (cavités, dans les platanes en particulier).

L'espèce est souvent considérée comme invasive. Certes, on constate une concurrence, parfois acharnée, avec d'autres espèces pour la possession des cavités dans les arbres. Sont particulièrement concernées des espèces comme la Sittelle torchepot, l'Etourneau sansonnet, le Pigeon colombin...

Ce qui est sûr, toutefois, c'est que des populations importantes se sont installées, en particulier dans des grandes villes, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, dans le sud de la France... Et en Île-de-France où la Perruche à collier peut maintenant être observée jusque dans les parcs de Paris (elle niche depuis plusieurs années au parc Montsouris et au Jardin des Plantes). L'étude anglaise note toutefois une légère régression de la population de Perruche à collier dans le sud de la Grande-Bretagne.

Ses manifestations sonores, son vol vif, ses couleurs éclatantes et sa silhouette en vol très caractéristique la rendent évidemment très présente.

Appréciée

L'étude de British Birds, rédigée par Ralph Hancock et Jeff R. Martin, rapporte que la présence de la Perruche à collier n'a pas echappé non plus à l'attention de certains prédateurs. Dans les pelotes de réjection de Chouette hulotte Strix aluco collectées dans plusieurs parcs londoniens, il a été trouvé des plumes de Perruche à collier. Il semble que les chouettes ont trouvé une méthode simple et efficace pour chasser les perruches. Elles se perchent en hauteur sur un grand arbre et attendent que des perruches se perchent plus bas, sur un arbre voisin. La chouette se laisse alors glisser vers le bas en silence pour se saisir de la perruche.

Le Faucon hobereau Falco subbuteo semble bien se plaire lui aussi dans les parcs londoniens. Il y a été observé à plusieurs reprises alors qu'il tentait d'attrapper des perruches, soit sur leur perchoir, soit au sol alors que la perrruche se désaltérait dans une flaque d'eau.

L'étude relève l'intérêt qu'il y aura à savoir si la Perruche à collier peut constituer un complément à l'alimentation du Faucon hobereau, plutôt tourné vers les hirondelles et les libellules, espèces qui ne sont pas abondantes dans les parcs de la capitale britannique.

A Lewisham, un quartier du sud-est du grand Londres, de nombreuses prédations attribuées au Faucon pélerin ont été observées, et des restes de perruches ont été retrouvés. Il est probable que ce phénomène est facilité par la presence de la grande tour autrefois propriété de la Citibank sur laquelle niche le Faucon pélerin et de sites comme le cimetière de Hither Green où les perruches se rassemblent.

Le Faucon pélerin Falco peregrinus est désormais nicheur dans Londres et il peut être observé fréquemment dans Hyde Park et Kensington Gardens.

D'autres études ont montré la grande variété du régime alimentaire des faucons qui fréquentent les zones urbaines londoniennes, et il paraît fort probable que ces rapaces seront capables de faire bon usage du nombre toujours croissant de perruches à collier.

Des observations ont également été faites d'Epervier d'Europe Accipiter nisus capturant une perruche parmi un groupe occupé à se nourrir des fleurs d'un marronnier d'Inde Aesculus hippocastanum.

Crise du logement ?

Les auteurs de l'étude estiment que la prédation de perruches par des rapaces londoniens n'est pas une grande surprise. Pour autant, il sera intéressant de continuer à étudier le phénomène pour mieux comprendre la manière dont la Perruche à collier s'intègre dans nos écosystèmes.

Il sera intéressant, en particulier, de voir si cette prédation tempèrera les craintes d'un effet négatif sur les espèces cavicoles. Ils citent une étude faite en Belgique qui met en relief la diminution de la population de Sittelle torchepot Sitta europea lorsque de nombreux couples de Perruche à collier sont présents. En effet, la lutte pour les cavités peut être rude. En 2010, dans Kensington Gardens, une cavité de pic a d'abord été inspectée par une sittelle, puis par un pic vert, puis par une perruche qui s'y est finalement installée. Mais dans une autre cavité, c'est un couple d'Etourneau sansonnet qui a évincé des perruches...

A Paris et dans ses alentours, le Faucon pélerin, le Faucon hobereau et l'Epervier d'Europe ont également tendance à se plaire...

 

Source : Ralph Hancok et Jeff R. Martin, Predation of Rose-ringed Parakeets by raptors and owls in Inner London - British Birds - Juin 2015.