Le Gazé, Aporia crataegi. Classe des Insectes, Ordre des Lépidoptères, Famille des Pieridae.
Parmi l'ordre des Lépidoptères, dont la forme adulte est communément appelée
papillon, le sous-ordre des Rhopalocères regroupe les papillons de jour.
Mais parmi les papillons à activité diurne un certain nombre sont classés dans
le sous-ordre des Hétérocères (papillons de nuit)…
Notre Gazé est bien un
"rhopalo", et fait partie de la vaste famille des Piérides qui compte environ
1200 espèces dans le monde.
En Europe, cette famille est bien représentées et
contient plusieurs espèces très communes, certaines sont mêmes considérées
comme "ravageuses" (Piéride du chou et Piéride de la rave).
Photo © C. GLORIA / CORIF
Les Piérides sont de taille moyenne et présentent une couleur de fond claire
souvent ornée de dessins sombres sur le bord externe des ailes.
Le Gazé, aussi
appelé Piéride de l'Aubépine, est aisément reconnaissable grâce à ses nervures
noires très visibles. Il se distingue également grâce à ses ailes translucides
dépourvues de dessins alaires.
La femelle est plus terne que le mâle, et ses ailes
antérieures sont faiblement écailleuses et plus translucides.
D'une envergure comprise entre 58 et 66 mm, le Gazé est univoltin, c'est-à-dire
qu'il n'a qu'une génération par an.
Sa période de vol est donc relativement
courte, elle s'étend en général de fin mai à début juillet.
Photo © A. BLOQUET / CORIF
La ponte, disposée en plaque, est déposée sur le feuillage de Rosacées comme les Aubépines (Crataegus), les Sorbiers (Sorbus), le Prunellier (Prunus spinosa) et sur divers arbres fruitiers. Les chenilles se développent ensuite en groupe sur la même plante, considérée ainsi comme plante-hôte (plante nourricière de la chenille).
A l'âge adulte (imago), le Gazé fréquente les haies, pelouses et prairies
arborées ou colonisées par des Rosacées arbustives.
Mais la forte régression des
haies en France est une des causes du déclin de ce beau papillon dont la chenille
est également très sensible aux traitements phytosanitaires.
Ainsi, le Gazé comme
l'ensemble des Rhopalocères, constitue un excellent indicateur de la qualité
des habitats, car ils dépendent à la fois de tout un cortège de plantes nourricières
(herbacées, arbustes ou jeunes plants de feuillus) utilisées lorque les papillons sont à l'état larvaire,
de fleurs nectarifères pour les imagos et de micro-habitats tels des points d'eau
(bords de cours d'eau, flaques, mares), abris hivernaux (arbres creux, bois mort,
lierre...), lisières, clairières, sommets de collines ensoleillés, pour des besoins
multiples...
En Île-de-France, le Gazé est signalé en forte régression depuis le début des
années 1980 ; il bénéficie d'une protection régionale au titre de l'arrêté du 22
juillet 1993.
Il est également inscrit sur la liste des espèces déterminantes de
Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF).
DOUX, Y. & GIBEAUX C. (2007). Les papillons de jour d'Ile-de-France et de l'Oise,
Biotope, Mèze, (Collection Parthénope) ; Muséum national d'Histoire naturelle,
Paris, 288 p.