Le Grand Cormoran, Phalacrocorax carbo. Famille des Phalacrocoracidés.

Grand Cormoran
Photo © Dominique Robert / Corif
Il semble indispensable de s'attarder quelque peu sur la physiologie et la
morphologie du Grand Cormoran : il s'agit d'un pêcheur, qui doit donc être
capable de meilleures performances que ses proies. Ceci nécessite quelques
adaptations remarquables permettant de limiter la poussée verticale de l'eau
lors des plongées : notre "corbeau marin" est équipé d'un squelette moins
pneumatisé que les espèces "terrestres", ses sacs respiratoires sont plus
petits ; le plumage, déjà compact, est encore resserré contre le corps avant
la plongée afin de réduire le volume d'air emprisonné sous les plumes.
Le Cormoran peut ainsi nager immergé avec la seule tête hors de l'eau.
Contrairement aux idées reçues, le Grand Cormoran possède une glande
uropygienne normalement développée (à la base de la queue) et utilisée pour
l'entretien du plumage. En revanche, la sécrétion grasse ne permet pas d'assurer
l'imperméabilisation du plumage ; sa perméabilité est due à la microstructure
des plumes (la grande distance entre les barbes permet la pénétration de l'eau)
et au fait que les rémiges ne sont pas pliées comme dans une poche (elles se
mouillent en contrepartie de la réduction de la poussée verticale dans l'eau).
La résistance à l'eau est encore amoindrie par la silhouette élancée et
cylindrique de l'animal et par ses pattes aplaties latéralement. Les grands
pieds palmés assurent une propulsion énergique tandis que la queue sert de
gouvernail. Les yeux jouent un rôle important dans la localisation des proies,
en revanche on ne sait pas si la vision est suffisante quand le milieu est
sombre (profondeur) ou trouble. Le bec est adapté à la capture du poisson et la
structure du crâne lui permet une grande ouverture.
Plus qu'un "redoutable
prédateur", le Grand Cormoran est un merveilleux exemple d'évolution et
d'adaptation du monde animal...

Auprès de mon arbre je vivais heureux...
Photo © Dominique Robert / Corif
Le Grand Cormoran est un oiseau grégaire ; tant en saison de reproduction
qu'en hiver.
En saison de nidification, il forme des colonies de taille variable
localisées de manière bien précise. Il s'agira de secteurs en partie soustraits
à la prédation, comme des îles boisées. L'espèce y confectionne un nid volumineux
composé de branchages et de divers débris. Les futurs oiseaux nicheurs y entament
des parades spectaculaires, accompagnés de vocalises gutturales ; toute une ambiance… !
Les jeunes sont nidicoles ; ils demeurent donc sous une étroite dépendance
vis-à-vis de leurs parents pour la nourriture, la protection contre les prédateurs
ou les conditions météorologiques difficiles.
En hiver également, cet oiseau conserve sa nette prédilection pour le groupe. Il compose ainsi des dortoirs ; des rassemblements crépusculo-nocturnes sur de grands arbres toujours à l'abri d'éventuels prédateurs. En journée, il fréquente les plans d'eau et rivières ou il est alors possible de l'observer nageant, pêchant où les ailes déployées dans une posture typique.

Grand Cormoran au pressing...
Photo © Dominique Robert / Corif