Hérisson, Erinaceus europaeus. Classe des Mammifères, Ordre des Insectivores.
Photo © Colette Huot-Daubremont / Corif
L'hiver approche, beaucoup d'oiseaux insectivores partent en migration pour pouvoir se nourrir, mais lorsqu'on est un petit mammifère avec le même régime alimentaire, plein de piquants, qui préfère la mise en boule au galop rapide, comment passer l'hiver ? Le hérisson, dont il est ici question, a trouvé le truc : il passe l'hiver à dormir dans un nid, souvent au coeur d'un tas de feuilles mortes, ou sous un tas de bois (d'où l'importance de conserver des feuilles mortes dans son jardin, de ne surtout pas y mettre le feu avant le printemps et avant une vérification préalable que personne n'est dedans, et pour ceux qui se chauffent au bois d'aménager quelques cachettes dans son tas de bûches).
Pendant l'hiver, notre hérisson va vivre au ralenti, en hibernation, avec une
diminution de sa température corporelle et de ses dépenses énergétiques. Il se
réveillera, toutefois, périodiquement pour purifier son organisme.
A noter
qu'il ne faut jamais réveiller un hérisson qui hiberne, cela l'oblige à puiser
inutilement dans ses réserves, et il risque de ne pas survivre.
Un hérisson ne
gèle pas non plus en hiver, sa température corporelle va être de l'ordre de
10°C, et dans son nid bien isolé la température ambiante n'est jamais négative.
Photo © Colette Huot-Daubremont / Corif
Mais en dehors de l'hibernation, notre ami est d'une grande activité. De mars à septembre, il doit faire de charmantes rencontres, et accumuler des réserves de graisse pour pouvoir passer l'hiver...
Le hérisson est un nocturne, il n'est actif que de quatre à six heures par nuit, et commence à sortir au coucher du soleil. Il va chasser très bruyamment (soupirs, ronflements bruyants, piétinements) en parcourant en zig-zag les lisières, les prairies ou les jardins. Son régime alimentaire se compose d'insectes, de lombrics, de limaces, de petits escargots, de quelques cadavres, de fruits, d'oeufs, et à l'occasion de la pâtée du chat ou du chien laissée sur la terrasse du jardin. Le hérisson est donc un parfait aide jardinier, avec quelques conditions (proscrire l'anti-limace, lui permettre de sortir du bassin ou de la piscine à l'aide d'un grillage, lui laisser un accès possible dans les jardins voisins...).
Au hasard de ses pérégrinations nocturnes, Monsieur hérisson pourra rencontrer une charmante demoiselle. Si on est en mai-juin, cette rencontre aboutira à une petite parade sexuelle sous forme d'une ronde, suivi d'un accouplement, la femelle se cambrant au maximum pour éviter au mâle un contact désagréable avec les piquants...
Hérisson en famille
Photo © Colette Huot-Daubremont
Six semaines plus tard viendront au monde des petites châtaignes avec des piquants blancs : les piquants bruns apparaîtront deux semaines plus tard. La famille mono-parentale restera ensemble deux mois, puis chacun se séparera pour aller conquérir de nouveaux territoires.
Mais tout n'est pas rose dans la vie d'un hérisson et les dangers sont
multiples, comme les routes ou les empoisonnements. Rares sont les hérissons qui
en milieu naturel dépasseront les trois ans, et pratiquement aucun n'atteindra
les sept ans...
Pour les aider, il faut surtout les laisser tranquilles, et éventuellement leur
mettre une petite gamelle avec de la pâtée pour chat ou chien en automne pour
leur permettre d'avoir suffisamment de graisse pour l'hiver (poids minimum de
survie : 450 g), ou leur donner de l'eau en été lors des périodes de sécheresse.
Notre hérisson est une espèce protégée par la loi de juillet 1976, en annexe III de la convention de Berne, et sur la liste rouge française.