La Sterne pierregarin, Sterna hirundo. Famille des Sternidés.
Les sternes, appelées aussi hirondelles de mer, se distinguent par une fine
silhouette, les ailes longues, les pattes courtes, la queue plus ou moins fourchue
et un vol gracieux.
En plumage nuptial, la Sterne pierregarin se caractérise
notamment par ses pattes rouges, sa calotte noire et son bec pointu rouge-orangé
à pointe noire.
Sa queue est fortement échancrée et terminée par deux filets
pouvant mesurer 9 cm chez l'adulte. Elle possède une envergure comprise entre 70
et 80 cm. La confusion avec la Sterne arctique est possible, mais la longueur du
bec et des pattes sont deux critères fiables pour une identification juste.
Photo © G. Nocle
Grâce à ses ailes effilées, elle vole longuement au-dessus des eaux la tête penchée vers le bas pour repérer les proies à la surface, et plonge à l'instar du Fou de Bassan pour capturer le poisson repéré. A l'occasion, la Sterne pierregarin pêche en plein vol, au raz de l'eau, des petits poissons qu'elle saisit au passage.
Le long des côtes, la Sterne pierregarin fréquente les îles, les baies, les
deltas ; dans les terres, elle visite les marais, les lacs et certains grands
fleuves sauvages comme le Danube ou la Loire. Les premières arrivent début avril
voire fin mars en Ile-de-France. Quelques temps après leur arrivée, les parades
commencent et prennent la forme de poursuites délirantes et d'offrandes de petits
poissons entre les deux partenaires.
Les sternes pierregarins nichent en colonies,
leur nid est sommaire mais figure parmi les moins négligés de la famille. En mai,
la femelle y dépose en général trois oeufs à un ou deux jours d'intervalle. L'incubation
débute dès le premier oeuf et dure environ 25 jours. Elle est assurée par la femelle
qui est remplacée de temps à autre par le mâle. L'oiseau à l'incubation est ravitaillé
par son compagnon.
Photo © G. Nocle
Les poussins restent au nid pendant les trois premiers jours de leur existence.
Grâce à leur duvet brun rayé de noir, ils explorent les environs du nid en toute
discrétion. En juillet, trois semaines après l'éclosion, les jeunes s'essayent au
vol à proximité de la colonie puis s'émancipent avant d'entamer une migration
jusqu'en Afrique.
Dès août, les migrateurs se rassemblent et rejoignent les
côtes d'Afrique de l'Ouest ou, pour quelques irréductibles, celles de l'Afrique du
Sud. Adultes à l'âge de trois ans, les immatures attendent deux années pour revenir
sur la colonie natale pour s'y reproduire.
Photo © G. Nocle
L'essentiel des colonies se trouve sur les îles et îlots de Bretagne (1259-1318 couples en 2007). En Ile-de-France, l'espèce est considérée comme nicheuse et migratrice peu commune. Les premiers couples nicheurs se sont installés dans le sud de la Seine-et-Marne dans les années 60. La population s'est ensuite lentement développée, passant de 15 couples en 1976 à un maximum de 250 couples en 1994. Dans le sud seine-et-marnais, l'espèce s'est étendue progressivement grâce à l'aménagement des anciennes sablières, mais connaît une nette régression depuis 2004.