Le Vautour Percnoptère, Neophron percnopterus. Famille des Accipitridés
Vénéré dans l'ancienne Égypte comme l'incarnation de la déesse Mout "la Mère", le Vautour percnoptère, Neophron, fut, dans la mythologie grecque, transformé en oiseau par Zeus lui-même.
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Le Vautour percnoptère est le plus petit des quatre espèces de vautours présentes en France, les trois autres espèces étant le Vautour fauve, le Vautour moine et le Gypaète barbu. Le Vautour percnoptère possède une envergure de 160 à 180 centimètres, pour une longueur de 53 à 65 centimètres, et un poids de 2 à 2,5 kilogrammes.
La silhouette, typique du Percnoptère adulte ne peut être confondue avec aucune autre espèce : le corps blanc est précédé d'une tête nue, jaune orangée, parfois souillée. Elle est pourvue d'un bec jaune, étroit, terminé par une pointe noire fortement recourbée.
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Les petites et moyennes couvertures alaires sont blanches tandis que le bord de fuite de l'aile est noir. Il y a donc un contraste net entre les parties blanches de l'aile et les rémiges noires. Les juvéniles, entièrement brun, s'éclaircissent progressivement avec l'âge.
Le Vautour percnoptère est présent du sud de l'Europe jusqu'au continent indien, en passant par l'Afrique du Nord, l'Afrique méridionale et l'Asie mineure. Mais son aire de répartition est très fragmentée.
© Creative Commons
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En France, ses effectifs se répartissent en deux populations distinctes.
La population la plus importante se situe dans les Pyrénées et compte environ 55
couples. Elle représente la frange nord de la population pyrénéenne espagnole,
beaucoup plus importante. La deuxième population, forte d'une quinzaine de couples,
est localisée dans le Sud-Est de la France.
Cette population est aujourd'hui isolée
alors qu'au XIXème siècle, le Vautour percnoptère était présent dans l'ensemble des
Pyrénées et de la zone méditerranéenne.
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Le Vautour percnoptère est essentiellement rupestre. Il affectionne les sites accidentés (gorges, défilés rocheux, contreforts des montagnes), de préférence à des altitudes basses et au voisinage des plaines et des cours d'eau.
Il niche dans les cavités des falaises, généralement abritées par des surplombs. L'entrée de la cavité est souvent obstruée par un buisson ou une grosse pierre. La protection contre les événements climatiques semble être déterminante dans le choix des cavités comme pour le succès reproducteur des couples.
Photo © I. Anglade / Corif
Photo © I. Anglade / Corif
Les Vautours percnoptères adultes reviennent à partir de mars, du sud du Sahara
ou du Soudan, où ils ont passé l'hiver.
Les aires de nidification potentielles sont
alors visitées par les couples lors de manifestations territoriales et sexuelles.
Mais 68 pour cent des aires sont utilisés d'une année sur l'autre.
La femelle pond
en moyenne, deux œufs qui écloront 6 semaines plus tard. Les deux poussins se développent
ensuite différemment, l'un des deux prenant le dessus sur l'autre.
Les jeunes
s'envolent entre août et septembre et partent en migration, avec ou sans leurs parents.
Les jeunes vautours percnoptères ne pourront pas se reproduire avant 4 ou 5 ans
qu'ils passeront généralement en Afrique. La majorité reviendra nicher à proximité
de son site de naissance.
Les couples de Vautour percnoptère semblent fidèles à vie,
même si de rares cas de bigamie ont été observés. La dynamique de population du Vautour
percnoptère est basée sur un faible succès reproducteur (1,1 jeunes à l'envol par
couples reproducteurs en Provence ; 0,87 jeunes à l'envol par couples reproducteurs
dans les Pyrénées), compensé par une grande longévité (environ 30 ans).
Le Vautour percnoptère est un opportuniste, véritable nettoyeur de la nature.
Son régime alimentaire est bien plus généraliste que celui des autres vautours
français. Il se nourrit surtout de charognes, mais il mange aussi de petits rongeurs,
serpents, lézards, amphibiens, tortues, mollusques, insectes, des végétaux pourris,
et des excréments. Il déparasite les vaches des tiques quand elles sont couchées,
et nettoient leurs membres postérieurs des excréments quand elles sont debout.
Le Vautour percnoptère est également capable de se servir de pierre pour casser
les œufs et de sortir les tortues de leur carapace.
En revanche,
son bec ne lui permet pas de déchirer le cuir des grands mammifères. Il doit donc
profiter du dépeçage des carcasses par les autres espèces de vautours.
Malgré
son régime alimentaire varié, le Vautour percnoptère est fortement lié aux activités
humaines, et notamment au pastoralisme et à l'élevage extensif.
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Le Vautour percnoptère est en forte régression dans presque toute son aire de répartition.
Il est considéré comme une espèce menacée au niveau mondial et est inscrit comme
"en danger" sur la Liste rouge française.
En France, son déclin a commencé au
début du XXème siècle et s'est fortement accéléré entre 1930 et 1980. Les causes
de régression avancées sont les modifications des pratiques agricoles (intensification
de l'élevage, fin de la transhumance) et des règles sanitaires, la chasse (interdite en France en 1962),
l'empoisonnement volontaire ou involontaire (pesticides, médicaments, poisons de
lutte contre les "nuisibles"), le dérangement des sites de nidification, la destruction
directe des œufs, jeunes et adultes, et les accidents (électrocution, collision avec des véhicules).
Face à ce déclin, l'état français a lancé en 2002 un plan de restauration du Vautour percnoptère, accompagné d'un financement européen "Life Nature". La principale mesure qui a été mise en place est la construction de placettes d'alimentation. Cette stratégie reposait sur le retour spontané de vautours percnoptères, suite à la réalisation de placettes pour des vautours fauves.
Placette d'alimentation
Photo © LPO - Aude
Les placettes d'alimentation ont nécessité un investissement important pour
les structures locales mais elles ont permis le maintien des couples déjà présents
et le retour des vautours sur une partie de leurs anciens sites. Grâce aux nombreux
efforts fournis, les populations françaises semblent aujourd'hui stabilisées.
La population pyrénéenne progresse même légèrement vers l'est, se rapprochant de
la population méditerranéenne.
Toutefois, les effectifs français restent très réduits,
et toute perte d'individus peut encore avoir des conséquences importantes sur la
survie de ces deux populations sous perfusion
- GEROUDET, P, 1978 - Les Rapaces diurnes et nocturnes d'Europe. Delachaux et Niestlé.- p. 60-65.
- THIOLLAY, J.-M. & BRETAGNOLLE V., 2004 - Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation. Delachaux et Niestlé.- p. 48-51.
http://percnoptere.lpo.fr/: Site de la LPO sur le vautour percnoptère
http://www.iucnredlist.org/ : Site de l'UICN sur la Liste Rouge mondiale