
Photo © Cyrille Frey / Corif
Propriété du SIAAP (Syndicat interdépartemental d'assainissement de l'agglomération parisienne) ce plan d'eau, d'une superficie d'environ 6,5 ha, constitue le dernier bassin sur le cours de la Bièvre, couverte et canalisée depuis Antony jusqu'à sa confluence avec la Seine. Situé en majeure partie sur le territoire communal d'Antony, il est très enclavé dans un tissu urbain dense.
Néanmoins, on y trouve des milieux sensibles tels que les roselières, et quatre groupements végétaux rares dans le département : saussaies marécageuses à Saule cendré, phragmitaies inondées, typhaies, et végétation à Phalaris arundinacea. Les suivis, menés depuis 1977 pour l'avifaune, ont permis de recenser 147 espèces d'oiseaux dont onze espèces patrimoniales et protégées (comme le Râle d'eau ou le Grèbe castagneux), ainsi que 206 espèces végétales dont dix plantes fort rares dans le département (tels que le plantain d'eau commun ou le Scirpe des marais). D'autres espèces, comme le Crapaud accoucheur ou la Couleuvre à collier y sont aussi signalées.
Cette richesse a conduit à son classement parmi les Zones naturelles d'intérêt écologique et faunistique (ZNIEFF) en 1984. En 1995, le Corif s'engageait dans un rôle d'expertise auprès du propriétaire du site, et le premier projet de classement en Réserve naturelle volontaire (RNV) était alors envisagé. En 2001, le site s'inscrivait parmi les Espaces naturels sensibles (ENS) du département.
Suite à la loi démocratie de proximité, en 2002, les RNV devinrent des Réserves naturelles régionales (RNR), en passant sous le contrôle du Conseil régional. Les textes d'application se firent attendre, mais, dès 2007, un nouveau dossier était déposé par le SIAAP, porté par le Corif, conduisant à la création de cette nouvelle RNR en juillet 2009, dont le CORIF est co-gestionnaire avec le SIAAP depuis avril 2010. Le plan de gestion est actuellement en cours de rédaction.
La commune de Bagneux est située au sud-ouest du département des
Hauts-de-Seine, au sein de l’agglomération parisienne. Elle est donc
très urbanisée et, mis à part le cimetière parisien, au nord de la
ville, la commune dispose de peu d’espaces verts. Une visite de
terrain, en préalable aux différentes études, a permis de déterminer
trois espaces verts potentiellement intéressants :
- la friche de la porte d’en bas
- la friche des trois mares
- le parc François Mitterrand.
Les inventaires ont donc porté sur ces zones. Ils ont permis
d’inventorier 910 oiseaux, de 39 taxa différents, une espèce
d’amphibien, le Crapaud commun, et une espèce de chauves-souris, la
Pipistrelle commune. La majorité des espèces aviennes contactées est
sédentaire. Ces espèces forment un cortège typique des espaces verts
urbains, similaire entre les trois sites de la zone d’étude. Le
peuplement avien est dominé par le Pigeon ramier, la Pie bavarde, le
Merle noir, la Fauvette à tête noire et l’Étourneau sansonnet.
Le Crapaud commun, qui s’est reproduit dans la friche des trois mares,
et le Bouvreuil pivoine, qui niche probablement dans la friche de la
porte d’en bas, sont les seules espèces inventoriées qui peuvent être
considérées comme patrimoniales. La diversité spécifique est également
conforme à ce qui peut être observé dans des espaces verts urbains où
ces espaces « naturels » servent de zones refuges aux espèces sauvages.
La préservation d’une certaine biodiversité urbaine passe donc par la
mise en place de mesures de gestion favorables à la biodiversité, en
particulier au sein de ces espaces « naturels », mais aussi dans la
matrice urbaine environnante.