
Photo © Franz Barth / Corif
L’année
2011 constitue la dixième
année consécutive du suivi ornithologique du parc de la Haute-Île.
Plusieurs
points en ressortent :
La
diminution des surfaces
favorables, consécutive aux travaux et aménagements, est le principal
facteur
explicatif des baisses d’effectifs des populations de passereaux
patrimoniaux
des milieux semi-ouverts. En effet, la surface de ces milieux a été
divisée par
deux en cinq ans, engendrant un impact négatif sur les populations
nicheuses.
Néanmoins, la création de bassins et d’îles en 2007 a directement
favorisé
l’apparition de nouvelles espèces nicheuses, ou, pour la plupart,
migratrices
et hivernantes.
Enfin,
en 2011, en plus des
préconisations de gestion évoquées les années précédentes, il est
proposé
l’installation d’un mécanisme de protection du radeau à sterne, contre
l’occupation de ses bordures par d’autres espèces. Ainsi, le suivi de
2012
permettra de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse du dérangement dans
l’échec de
la reproduction des sternes en 2011.

Photo © Jean-Pierre Lair / Corif
Depuis 2000,
le CORIF effectue un suivi régulier du Parc Jean Moulin – Les Guilands.
Les
dernières années ont permis, d'une part, d'obtenir une vision de
l'avifaune du
parc sur un cycle annuel complet, en étendant le protocole à la période
hivernale (2006) et, d'autre part, de dresser un bilan après la
construction de
l'aire de jeux et la destruction de la friche dans la partie Guilands
du parc
(2007). En 2008, Il a été décidé de revenir à un suivi de la population
nicheuse. Pour la dixième année d'inventaire (2009), le protocole a été
modifié, pour passer à un suivi entièrement réalisé à l'aide des
indices ponctuels
d'abondances (IPA). Ainsi, quatre points d'IPA ont été ajoutés aux deux
déjà
présents sur les friches, afin de couvrir les zones de buissons plantés
d'arbres ou d'arbustes et le boisement du Parc Jean-Moulin. Le suivi a
été
interrompu en 2010, mais il a repris en 2011, avec six sorties d’avril
2011 à
février 2012.
Trente cinq
espèces ont ainsi été contactées sur le parc cette année. Ce résultat
se
rapproche de celui des années 2002 (trente-six espèces), 2003
(trente-quatre
espèces) et 2008 (trente-quatre espèces). Il est bien inférieur à celui
de la
dernière année de suivi, en 2009 (quarante-une espèces). Il apporte une
nouvelle espèce (la Grive litorne) à la liste des espèces observées sur
le site
depuis le début des suivis, portant cette dernière à soixante-quatorze
espèces.
Une analyse
plus détaillée montre que cinq espèces, non observées en 2009, l'ont
été en
2011, et parmi elle la Rousserolle verderolle, dont la dernière
observation
remonte à 2006. A contrario, onze espèces, observées en 2009, n'ont pas
été
contactées en 2011.
Vingt-trois
espèces se sont reproduites sur le parc en 2011. Ce chiffre est
identique à
celui de 2001, et comparable à celui des cinq premières années de suivi
(2000 à
2004). Il marque un net recul au regard des cinq dernières années
(vingt-sept à
vingt-neuf espèces, de 2005 à 2009). Néanmoins, deux sorties seulement
ont été
consacrées à la nidification cette année, contre quatre les années
précédentes.
Cela explique probablement en partie ce déclin du nombre d’espèces
nicheuses.
On notera que, comme en 2007, le Rougegorge familier n’a pas été noté
nicheur
cette année.
La
reproduction des quatre espèces de sylviidés bio-indicatrices, est
assez
contrastée : la Fauvette à tête noire et la Fauvette grisette
voient leurs
effectifs nicheurs légèrement progressés (respectivement de deux et un
couple),
tandis que le Pouillot véloce perd trois couples et que le Hypolaïs
polyglotte,
comme en 2006, perd à nouveau son statut de nicheur sur le parc cette
année.
Les
préconisations
d'aménagement et de gestion, déjà proposées les années précédentes,
restent
applicables, notamment en ce qui concerne l’ouverture de la friche
accidentée.
On y ajoutera la nécessité d’améliorer les systèmes visant à limiter
les
intrusions du public dans les zones sensibles (réparation des clôtures
et
développement de végétation dense derrière ces clôtures). Il serait
aussi
souhaitable d’appliquer sur la butte la même gestion que sur les deux
friches,
afin de lui conserver son rôle de corridor entre les deux zones
naturelles.
Enfin, la petite bande boisée longeant la friche haute est trop étroite
pour
supporter le dérangement. Il convient donc d’y éviter tous dépôts.

Photo © Jean-Pierre Lair / Corif
En 2007 les suivis portaient sur l'avifaune nicheuse des zones humides (marais et étang) et du côteau sec qui domine le bocage. En 2008 seul le suivi sur le coteau sec a été reconduit Par rapport à 2006 les suivis furent stables ou en augmentation sur le Marais, plus variables sur le Lac de Savignu et très variable sur le Côteau sec. Sur ce dernier, l'anlyse des données depuis 2006 fournit un total de 44 espèces, dont 59% sont présentes sur les trois années, et 30% sur une seule année. Ces chiffres s'expliquent par l'uilisation du parc par les oiseaux
En 2008 une réflexion sur le plan de réimplantation des 300 nichoirs posés en 1998 a été demandé au CORIF. Selon le type de nichoir, des suppressions, des améliorations d'implantation ou encore de complets réaménagements ont été proposés avec les éléments disponibles (localisation des nichoirs, exigences écologiques des animaux…). Autant que possible, la compétition avec les Lérots a été prise en compte, ainsi de nouveaux dispositifs pour en limiter l'impact ont été suggérés.
En 2010 un inventaire des chiroptères du parc a été effectué,
en particulier au niveau du tunnel aménagé à leur intention.
Seulement deux espèces ont été contactées, la Noctule Commune et la
Pipistrelle Commune. Les zones humides, et en particulier l'Étang de
Savigny, comptabilisent l'essentiel des contacts.
Ils constituent des zones de chasse privilégiées pour les Chiroptères.
Le reste du parc est plutôt pauvre et semble donc assez défavorable aux
chauves-souris.
Le tunnel est également utilisé par les chiroptères, au moins comme
corridor écologique.
Il permet aux chauve-souris d'éviter la voie ferrée. Son utilisation
comme gîte n'a pas pu être prouvée dans cette étude.
Enfin, un déploiement plus important de mesures de conservation sur le
parc pourrait être propice au développement local des chauves-souris.
Le Parc départemental du Sausset pourra alors constituer un élément
indispensable du paysage urbain du département pour les populations de
Chiroptères présentes en Seine-Saint-Denis.
Photo © Irène Anglade / Corif
Le Conseil Général de Seine-St-Denis s'est engagé dans un programme d'extension du Parc Départemental de la Fosse Maussoin, situé sur la commune de Clichy-sous-Bois. Ce programme vise notamment à ouvrir au public une zone sous-minée, actuellement interdite d'accès, correspondant à une ancienne carrière de gypse. Les travaux envisagés nécessitent une mise en sécurité du site, confiée au bureau d'Étude Pluridisciplinaire De Conseil.
Ce dernier a contacté le Centre Ornithologique Île-de-France, afin de connaître les conséquences de ces travaux sur la faune locale. Compte tenu de la présence de souterrains, nous avons proposé, en 2009 et 2010, la mise en place d'un inventaire chiroptérologique, afin de déterminer la présence de chauves-souris sur le parc et, si possible, son utilisation par ces dernières. Dix points d’enregistrement de cinq minutes ont été positionnés en périphérie du site. Ils ont fait l'objet de quatre inventaires de terrain, entre mai et septembre. En 2010, les chiroptères sont majoritairement entendus en début de période (mai et juin). Cette période d’activité est comparable à celle de 2009, mais, la localisation des contacts diffère quelque peu. Alors qu'en 2009, les chauves-souris étaient entendues de manière plus ou moins homogène sur l'ensemble des points d'enregistrement, les données obtenues en 2010 sont davantage concentrées autour du secteur sous-miné du parc.
Cette seconde année de suivi permet d'affiner le statut des animaux dans le parc. Ce dernier est en effet principalement utilisé par la Pipistrelle commune (chasse et rencontre entre individus) et par la Pipistrelle de Kuhl/Pipistrelle de Nathusius. D'autres espèces (Sérotine commune, Murin de Daubenton, oreillard ou Noctule commune…), contactées en 2009 mais pas en 2010, fréquentent occasionnellement le parc, en migration, ou en transit entre leur site de repos et leur zone de chasse. Si elles utilisent le parc comme zone de repos ou de chasse, leurs effectifs ne sont probablement pas très importants.
En 2011 le CORIF a également réalisé un inventaire ornithologique du parc. Au cours de cette étude, près de 1 000 oiseaux, de 34 espèces/taxa différents, ont été observés. L’avifaune contactée reste typique des espaces verts urbains, malgré la présence d’espèces patrimoniales, ou peu communes, en petite couronne francilienne : le Moineau domestique, le Bouvreuil pivoine, la Mésange nonnette, le Pouillot fitis, le Pic épeichette et le Roitelet huppé. La majorité de ces espèces a été observée dans la zone actuellement fermée au public du Parc. La richesse et la diversité spécifique semblent également plus importantes dans cette partie du Parc, que ce soit au printemps, comme en hiver. Par conséquent, la zone fermée montre un intérêt patrimonial plus élevé que la partie ouverte au public et joue le rôle d’une véritable zone refuge pour l’avifaune.

Photo © Irène Anglade / Corif
Cette étude a constitué le premier état des lieux de
l’avifaune, depuis la prise en gestion du Parc par le Conseil Général
de Seine-Saint-Denis.
Plus de 2 000 oiseaux de 66 espèces différentes ont été observés en
2011.
La majorité de ces espèces était déjà connue sur le site.
Les espèces les plus abondantes sont la Corneille noire, le Pigeon
ramier, la Pie bavarde, la Perruche à collier, l’Étourneau sansonnet,
la Mésange charbonnière et le Merle noir. Il s’agit d’espèces
généralistes qui possèdent de grandes capacités d’adaptation. Ces
espèces sont accompagnées d’un cortège d’espèces forestières bien
développées, en lien avec la prépondérance des habitats boisés sur le
Parc.
Parmi les 66 espèces inventoriées, 10 peuvent être considérées comme
des espèces patrimoniales : la Bondrée apivore, le Bouvreuil pivoine,
le Faucon crécerelle, le Gobemouche gris, la Mésange nonnette, le
Moineau domestique, le Pic épeichette, le Pic mar, le Pic noir et le
Rougequeue à front blanc.
L’occupation du sol du Parc étant assez homogène, l’avifaune observée sur le Parc est relativement uniforme. Le peuplement avien paraît plutôt équilibré, stable et bien diversifié. Les parcelles forestières qui entourent le pavillon Maurouard paraissent, toutefois, plus riches et plus diversifiées que le reste du site, ce qui confirme l’intérêt patrimonial et l’importance de la conservation de cette partie du Parc. Enfin, différentes préconisations de gestion ont été proposées afin de préserver et d’augmenter les capacités d’accueil de l’ensemble du Parc pour la Biodiversité de Seine-Saint-Denis comme le développement de la strate arbustive et buissonnante des boisements, l’entretien par fauche tardive des milieux ouverts ou encore le développement des plantes grimpantes.
Site Natura 2000, le parc fait aussi l’objet régulièrement d’études d’incidences dans le cadre d’aménagements prévus à sa périphérie. Ainsi le CORIF en a rédigé une en 2010 sur le projet d’aménagement de l’entrée du Court St Etienne et de la Coulée verte et une autre en 2011 sur l’injection des emprises ferroviaires au niveau du parc.
Dernière étude réalisée sur le parc, toujours en raison de son classement en ZPS, un suivi spécifique sur les pics. Les cinq espèces de Pics du Parc forestier de la Poudrerie possèdent des densités de population équivalentes aux densités moyennes de la région. L’étude a cependant révélé des secteurs du parc plus riches en Pics que d’autre, notamment le périmètre du pavillon Maurouard. Ce secteur accueille les loges de nidification des deux espèces de pics d’intérêt communautaire : le Pic mar et le Pic noir. Il est donc extrêmement sensible au dérangement du public et des travaux d’aménagement. Il est ainsi fortement conseillé d’exclure ce secteur des zones des différents projets d’aménagement élaborés sur le parc. D’autant plus que les populations des Pics mar et noir sont très fragiles, avec un seul couple nicheur certain chacun. Les autres secteurs, comprenant l’Est du Parc de la Poudrerie et les bois de la Tussion et des Sablons, n’accueillent pas, ou peu, ces deux espèces patrimoniales, néanmoins le vieillissement des arbres et le maintien des arbres morts permettra sans aucun doute aux oiseaux de s’y développer. La capacité d’accueil du Pic mar pourrait augmenter, et les Pics noirs pourraient s’y nourrir. Néanmoins, si des projets d’aménagement sont tout de même réalisés, il est important de suivre quelques indications :

Photo © Jean-Pierre Lair / Corif
L'Hirondelle de rivage, autrefois nicheuse dans les berges de rivières, a progressivement abandonné son milieu naturel, voué à la canalisation, en s'installant dans les carrières et les sablières de notre région. Ces milieux venant eux-mêmes à disparaître au fur et à mesure de l'arrêt de leur exploitation, l'Hirondelle de rivage est donc contrainte de rechercher de nouveaux habitats pour se reproduire. Certaines ce sont ainsi installées en ville, dans des structures artificielles solides percés de trous, telles que palplanches, barrages ou tuyaux de drainage. Un premier couple a ainsi été observé en 2000 dans les palplanches du Canal de l'Ourcq. D'autres oiseaux les ont bientôt rejoints, pour former une nouvelle colonie. Cette dernière a fait l'objet d'un suivi régulier d'avril à août 2008, ayant permis de totaliser un minimum de 19 couples nicheurs. Des préconisations sont proposées, afin de conserver ces cavités et d'assurer la tranquillité des oiseaux nicheurs, comme la limitation de la vitesse des embarcations qui naviguent sur le canal, à hauteur de la colonie, et l'interdiction d'activités nautiques de loisir ainsi que l'installation de structures flottantes dans ce même secteur durant toute la période de reproduction.
Le Parc départemental de la Bergère, localisé sur la commune de Bobigny, a fait l'objet d'une étude écologique globale en 2004, suivi d'un inventaire entomologique en 2006. Afin de mettre à jour et de préciser la connaissance de l'avifaune du parc. Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis a demandé au Centre Ornithologique Île-de-France de réaliser, en 2010, un suivi spécifique de l'avifaune. D'une superficie de quinze hectares, le parc regroupe quatre types d'habitat :
une pinède, deux zones de terre nue (la Grande Plaine et la Petite crique), un espace de gazon ponctué de différents points de repère (tels que la Girouette ou le Canyon) et une zone bâtie (la cité administrative). Le protocole mis en place a permis de recenser trente espèces sur le parc dont quatre patrimoniales (Hirondelle de fenêtre, Hirondelle de rivage, Mésange huppée, Moineau domestique) et deux migrateurs peu fréquents dans les parcs urbains (la Rousserolle effarvatte et l’Hypolaïs polyglotte). Elles se répartissent principalement dans les espaces engazonnés et parsemés de buissons et de bandes boisées. Ces derniers occupent en effet la plus importante superficie du parc et offrent trois strates successives de végétation. Plusieurs mesures d'aménagement ou de gestion sont proposées afin de pérenniser, voire d'augmenter l'avifaune du parc, telles que :
