Le virus H5N1 ne résiste pas à l'acidité gastrique. Pas plus qu'il ne résiste à une chaleur supérieure à 60°C pendant 3 minutes (100°C pendant une minute). Il n'est donc pas dangereux de manger de la volaille cuite.
Pour que le virus H5N1 pénètre dans le corps humain, il doit y avoir un contact étroit, prolongé et répété. Il n'est pas possible d'avoir ce type de contact avec un oiseau sauvage vivant (sauf si on procède à des baguages d'oiseau, mais les bagueurs savent prendre les dispositions nécessaires). Le virus doit être projeté dans l'air pour pouvoir être inhalé. Les oiseaux vivants peuvent projeter l'élément pathogène. Leurs fientes ne le peuvent pas, un oiseau mort qu'on ne secoue pas non plus.
Si l'on a fréquenté un lieu sur lequel on a un doute, il n'est pas difficile, dans nos pays "développés", de prendre des précautions élémentaires comme se laver soigneusement avec de l'eau et du savon. Nous avons en Europe des structures sanitaires qui nous permettent de détecter rapidement, et même de circonscrire, les foyers d'infection (comme au Japon où le virus ne se propage plus). En France, le foyer de l'Ain n'a pas connu d'expansion.
Les oiseaux sauvages peuvent être des porteurs sains du virus H5N1. Ils portent le virus, mais celui-ci n'est pas une maladie pour eux. Les espèces d'élevage ont été sélectionnées pour produire plus et plus vite, mais leur résistance aux maladies est moindre.
En général, les éleveurs s'entourent de mesures de précaution rigoureuses pour gérer des risques sanitaires qu'ils connaissent : la litière usagée (les fientes) qu'ils extraient de leurs poulaillers peut éventuellement être infectée. De même que la tourbe qu'ils utilisent souvent pour la constituer. Mais il est courant de répandre la litière usagée sur les champs pour les fertiliser ou de la vendre comme nourriture animale (pour les élevages de poissons, en particulier). De plus, il n'est pas impossible que les eaux évacuées des élevages soient elles-mêmes un vecteur du virus. Par ailleurs, la concentration de grandes "bandes" de volaille, leur promiscuité avec leurs congénères et avec leurs déjections, sont des facteurs qui favorisent le développement du virus.
Il est presque certain que les milouins trouvés morts dans la Dombes provenaient de pays de l'Est d'où ils ont été chassés par le froid. Il ne s'agit pas là d'une migration, mais d'un déplacement sur une distance relativement courte. Un oiseau malade du virus meurt assez rapidement et est donc en général incapable de mener une réelle migration. D'ailleurs, lorsqu'on observe les chemins parcourus par le virus sur notre planète, on constate qu'ils ne correspondent pas aux routes migratoires des oiseaux sauvages.
Transporté pour les nécessités techniques de l'élevage et les besoins du commerce international, le poulet, ou son poussin, voyage beaucoup, en particulier de l'Asie vers l'Afrique. C'est aussi le cas de la dinde. Et ils ne sont pas les seuls. Objet d'un trafic presque toujours illégal, l'oiseau de collection voyage lui aussi beaucoup.
Le nombre de félins (grands ou petits, domestiques ou sauvages) victimes de la grippe aviaire dans le monde entier est de quelques dizaines d'individus. Les cas d'infection de chats sont toujours en relation avec des foyers d'infection d'oiseaux d'élevage ou sauvages. Le premier chat victime du virus en Europe a été découvert sur l'île de Rügen où une importante flambée avait été détectée, chez les cygnes en particulier. Le risque d'inhalation du H5N1 y est évidemment plus important. Et, comme pour l'homme, le virus résiste mal aux sucs gastriques des félins.
Le Cirad (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement, l'institut français de recherche agronomique au service du développement des pays du Sud et de l'outre-mer français) et Wetlands International procèdent à des prélèvements d'oiseaux sauvages dans des zones africaines où hivernent les oiseaux qui viendront nicher au printemps chez nous. Maroc, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad, Ethiopie, Tunisie, Egypte, Kenya et Malawi sont concernés par l'étude en cours. Au cours de cette étude, aucun cas de virus H5N1 concernant l'avifaune sauvage n'a été trouvé par les équipes qui sont sur le terrain.
Les oiseaux sauvages ne se laissent observer qu'à distance. Impossible dans ce cas d'avoir un contact "étroit" et d'inhaler le virus de manière "prolongée et répétée".
La présence d'un nichoir ou d'une mangeoire pour les passereaux dans votre jardin ne présente aucun danger. Non seulement, si vous n'habitez pas à proximité d'un foyer d'infection déclaré, ils ont très peu de chances d'être infectés, mais ces oiseaux "terrestres" ne semblent pas concernés par le virus et vous ne vivez pas à leur proximité immédiate. Lorsque vous faites l'entretien des mangeoires/nichoirs, portez des gants, lavez-vous soigneusement les mains avec de l'eau et du savon. Comme vous le faites probablement déjà.
Il n'y a aucune raison aujourd'hui de détruire des nids d'oiseaux. Ces oiseaux, leurs nids, en dehors des zones où des foyers d'infection d'oiseaux plus vulnérables ont été découverts, ont très peu de chances d'être infectés. Si plusieurs espèces d'oiseaux ont été touchées par le virus, le nombre d'individus sauvages malades reste extrêmement faible en regard des populations concernées. Les dégâts provoqués par la destruction systématique de nids seraient bien plus dommageables que la grippe aviaire. De toute façon, dans le cas des espèces protégées, c'est interdit et expose à des poursuites judiciaires.
Evidemment, ce n'est pas techniquement faisable. Même si cela l'était, les conséquences sur l'équilibre général de la nature seraient dramatiques. Tous les experts (mais pas seulement eux) s'accordent pour dire qu'il vaut mieux s'intéresser à des méthodes plus réalistes pour la prévention et la lutte contre la grippe aviaire.