Dossier "Grippe aviaire"

Qu'est-ce que la grippe aviaire ?

Définition

La grippe aviaire, ou grippe du poulet, est une infection provoquée par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels les sous-types H5 et H7.

Espèces concernées

La grippe aviaire peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Le gibier d'eau migrateur - notamment les canards sauvages - constitue le réservoir naturel du virus. Ces oiseaux sont aussi les plus résistants à l'infection. Les volailles domestiques, poulets et dindes notamment, sont particulièrement sensibles aux épidémies d'influenza rapidement mortelle.
Le virus influenza aviaire peut éventuellement infecter d'autres espèces animales :

  • le porc ;
  • des mammifères aquatiques (phoque, baleine) et terrestres (cheval, vison) ;
  • et de manière beaucoup plus rare, avec des circonstances particulières : les félidés, les mustélidés (ex : furets, hermine, etc)

Mais en théorie d'autres espèces peuvent être sensibles, notamment tous les animaux de laboratoire (souris, rat, furet, cobaye voire lapin), sous certaines conditions.

Modes de contamination

Chez l'animal

Le virus se transmet essentiellement :

  • par contamination aérienne (sécrétions respiratoires), soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l'exposition à des matières contaminées (nourriture, eau, matériel, vêtements etc) ;
  • par voie digestive, surtout pour les oiseaux sauvages, via un milieu aquatique souillé par des déjections contaminées qui peuvent rester infectieuses pendant plusieurs mois. Les espaces confinés favorisent la transmission du virus.

Le risque de transmission directe du virus par migration d'oiseaux des zones contaminées vers la France reste probablement faible. Cependant, certains flux appellent à la vigilance :

  • la déplacement vers la France de certains oiseaux venant notamment de Russie et Sibérie occidentale (zones contaminées) s'achevant vers la mi-décembre ;
  • la migration des oiseaux ayant hiverné en Afrique sahélienne et qui stationnent jusqu'en mai en France avant de rejoindre leurs aires de reproduction plus au Nord. Ils ont pu être au contact d'oiseaux originaires de Sibérie occidentale contaminés par le virus lors de leur hivernage.

Ces risques de contact potentiel avec des oiseaux sauvages contaminés justifient une vigilance certaine vis-à-vis :

  • des appelants (des oiseaux vivants utilisés par les chasseurs pour attirer le gibier d'eau) ;
  • des animaux d'élevage, surtout si ces élevages permettent des contacts (directs ou indirects) avec les oiseaux sauvages ;
  • du commerce du gibier et des marchés d'animaux vivants.

Chez l'homme

Dans quelques cas répertoriés par l'Organisation Mondiale de la Santé, le virus de la grippe aviaire de type H5N1 peut se transmettre de l'animal à l'homme. Mais, selon l'OMS, à la date du 10 novembre 2005, il n'existe pas de preuve d'une transmission inter-humaine significative en Asie.

Le risque de survenue éventuelle d'une pandémie grippale chez l'homme est lié à l'augmentation de la circulation du virus aviaire H5N1 rendant plus probable l'émergence d'un nouveau virus grippal "humanisé".

La contamination à l'homme est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d'animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections).

La consommation de viandes de volaille seule, sans un contact avec des oiseaux malades, n'a jamais été associée à une contamination de l'homme. Selon l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), le risque de contamination de l'homme par ingestion de viandes infectées est considéré comme faible voire négligeable : d'une part, l'infectiosité des virus influenza est détruite très rapidement à des températures supérieures à 60°C (pendant 5 minutes à 60°C, 1 minute à 100°C). D'autre part, dans l'hypothèse d'une ingestion de viande de volaille ou d'oeufs contaminés et crus, le virus serait détruit par l'acidité des sucs gastriques.

Les personnes les plus exposées au risque d'infection par le virus aviaire sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :

  • les éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages ;
  • les techniciens de coopératives et les vétérinaires ;
  • les techniciens et vétérinaires des services ;
  • les équipes de dépeuplement (personnels qui collectent les volailles vivantes avant euthanasie ou mortes après l'euthanasie, et les carcasses) ;
  • les équipes d'euthanasie qui manipulent le matériel spécifique ;
  • les équipes de nettoyage et de désinfection ;
  • les équipes d'intervention et de ramassage des carcasses (équarrisseurs) ;
  • et le personnel technique des laboratoires de diagnostic et de recherche.

Source : www.grippeaviaire.gouv.fr

Situation épidémiologique

Carte mondiale des pays touchés par le virus H5N1 (20 février 2006)

Pays dont la volaille ou les oiseaux ont été atteints

Pays dont la population a été atteinte

Source carte : http://fr.wikipedia.org/wiki/H5N1