Dossier "Grippe aviaire"

Les oiseaux migrateurs favorisent-ils la recombinaison
entre le virus H5N1 et celui de la grippe humaine ?

 

Effectivement, cette recombinaison aurait des conséquences importantes et, du point de vue théorique, ne peut-être écartée. Toutefois, le virus H5N1 n'est pas plus susceptible de recombinaison que les autres types de virus déjà présents chez les oiseaux.

Il faut savoir que la charge virale chez les oiseaux n'excède pas 3 semaines.

Autrement dit, un oiseau garde au maximum 3 semaines ce virus. Au-delà, le virus est mort. En-deçà, il est viable mais l'oiseau résiste ou meurt (pas d'alternative). Donc, la recombinaison susceptible de se produire devra se faire au printemps dans un délai de trois semaines maximum après l'arrivée des migrateurs.

Plusieurs conditions de malchance

  • Les oiseaux qui arrivent de migration doivent avoir été en contact avec des oiseaux porteurs du virus H5N1.
  • Les oiseaux qui arrivent de migration doivent avoir contracté la maladie.
  • Les oiseaux contractant la maladie doivent pouvoir remonter jusqu'en France, c'est-à-dire passer la migration. Or la migration est un phénomène qui demande une grande consommation énergétique et ne laisse aucune chance aux oiseaux faibles (donc aux oiseaux malades). Les seuls oiseaux susceptibles de ramener le virus sont ceux qui seraient affectés mais qui n'auraient pas encore suffisamment développé la maladie pour les empêcher de migrer. Ce seraient donc des migrateurs sur des distances courtes.
  • Il faut que l'homme soit au contact de manière prolongée avec l'oiseau porteur du virus tout en ne respectant pas une hygiène correcte.
  • Il faut que le virus puisse alors se transmettre à une personne qui est malade de la grippe humaine.
  • Il faut qu'il y ait recombinaison.
  • De plus, il faut que cette affection n'ait pas été constatée et de précautions prises pour qu'éventuellement il y ait transmission d'homme à homme.

Et tout ce raisonnement ne tient pas compte de l'éventuelle adaptation de la résistance de l'oiseau et de son éventuelle acquisition d'une capacité à vaincre le virus.

Ainsi, lorsque nous voyons cette accumulation de conditions nécessaires, nous pouvons peut-être relativiser la situation.

Et être vigilants sans panique.

D'après un texte de Fabien Martayan, collaborateur au Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d'Oiseaux, consultable sur son blog

Il est inutile de changer son comportement vis-à-vis des oiseaux sauvages

Quand le virus aura atteint notre région, ce qui n'est pas le cas pour le moment, la transmission du virus nécessitera un contact rapproché, répété ou prolongé avec un oiseau mort infecté ou avec des fientes contenant le virus.

Observer un oiseau sauvage vivant ne présente donc aucun danger.