Dossier "Grippe aviaire"

Les oiseaux migrateurs ne sont pas responsables

La transmission du virus de la grippe aviaire ne se fait que par un contact direct, prolongé et répété.
Et, évidemment, les oiseaux sauvages se laissent rarement approcher.
La probabilité de transmission directe de la maladie d'un oiseau sauvage à l'homme est aujourd'hui infime.
Pourtant, la peur se répand.
A tort, bien sûr.

Photo © Yves ThonnerieuxFuligule milouin

Nos efforts mis en cause

Rapprocher la société de la nature est la préoccupation essentielle de tous ceux qui veulent qu'elle soit respectée. Des années d'efforts de sensibilisation risquent d'être réduits à néant par la diffusion de fausses idées ou informations, par l'instauration plus ou moins consciente d'un climat de méfiance vis-à-vis de la vie sauvage.

Il semble pourtant qu'il faille remettre en cause l'idée la plus communément admise et largement relayée par les médias au sujet de la grippe aviaire. En réalité, l'épizootie s'est développée de la manière la plus spectaculaire dans les élevages de volailles, et les oiseaux sauvages en sont aussi les victimes. En tout cas pas les responsables.

Le poulet, grand migrateur

Il a été avéré que l'arrivée du virus dans certains pays (au Nigeria en particulier) a été le résultat de transports (de poussins, en particulier) effectués pour des raisons industrielles. Ailleurs, c'est le trafic d'espèces protégées qui est la cause de la propagation du virus.

Les cas avérés de propagation du virus par des oiseaux migrateurs sont comparativement très rares. Surtout si on met ce nombre en rapport avec les millions d'oiseaux concernés. Les canards trouvés morts en France proviennent probablement des pays de l'Est d'où ils auraient été chassés par le froid. Et où ils auraient contracté le virus dans des pâtures : en effet, dans ces pays, il est courant de répandre les fientes récupérées des élevages de volailles qui servent ainsi de fertilisants.

La revue Nature indique qu'il n'y a pas de preuve formelle que les oiseaux migrateurs "aient fait sortir la grippe aviaire de l'Asie". Sinon, fait-elle remarquer, il y aurait beaucoup plus de cas le long des routes classiques de migrations.

Informés, vigilants, sans panique

Ne nous trompons donc pas : il y a aujourd'hui plus à craindre de procédures agricoles et industrielles imprudentes que de la migration d'oiseaux sauvages.

Toutefois, l'hypothèse ne peut être scientifiquement écartée. Et il convient donc d'être vigilants. Des informations claires et précises peuvent aider à garder sa sérénité.

Nous vous en proposons quelques unes dans les pages de ce "dossier", qui sont mises à jour au fur et à mesure que connaissances et réflexions sur le sujet se développent.
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